girl sets fire

23 août 2009

i want the ocean right now, i want the ocean right now

Je rêve de grands espaces, de la mer trop froide pour mettre mes pieds dedans ou des endroits où l'été, c'est d'avoir une couche au lieu de trois et je me retrouve au beau milieu du trou du cul du pays, borderline Ontario. Drôle. Ou pas. Je fais quand même des plans "because that's what you do : you make plans" et parce qu'on verra. C'est comme ça. "Mais c'est loin". Peut-être, je sais pas, pas tant que ça, pas assez. Je visais plutôt la Nouvelle-Écosse, mais je devrais survivre. En fait, non, je crève de trouille. J'aurais moins peur de partir à l'autre bout du monde avec un packsac, tant que j'ai assez de petites culottes et une brosse à dents. Et des bas chauds. Il y a deux sortes de chaussettes dont je ne me passerais plus dans la vie : celles en laine tricotées avec amour et ostéoporose par ma grand-mère et les smartwool à 30 $ dollars la paire, mais tellement merveilleuses. Je vivrais très mal sans bonnes chaussettes. Sans mes bottes à caps d'acier aussi.

Au fond, peut-être que je devrais réellement laisser tomber la traduction et élever des chèvres. L'ennui, c'est que, comme j'expliquais à Bébé, voyager avec un troupeau de chèvres, c'est un tantinet difficile. En plus, je vais m'inquiéter comme une folle en pensant à mes pauvres bébés dans une soute à bagages, ce qui soulève la véritable question : où est-ce qu'on case un chien dans un avion? Faute d'aller vivre dans un endroit plus exotique que le nombril du Canada (i.e. capitale nationale qui pue, ou pas), j'ai bien l'intention d'en visiter.

En attendant, je vais aller faire ma solitaire quelque part entre l'autoroute 20 et la route 108 en écoutant Resolve.

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19 juillet 2009

so your heart's blown open

Ma soeur va avoir un bébé, un bébé vivant qui pleure et qui sourit, qui mange et qui chie. On devinera que c'était pas vraiment écrit dans le plan avant quelques années. Appelle ça de l'exagération si veux, je sens encore le bout de mes doigts picoter, j'ai envie d'arracher mes ongles un par un, merde, c'est pire que si c'était moi. C'est ma p'tite soeur. Ma PETITE soeur. J'ai pas peur qu'elle ne soit pas à la hauteur, j'ai peur que la vie ne soit pas à sa hauteur, tu sais, qu'elle fasse sa pute, qu'elle s'acharne contre toi, petite soeur. J'ai peur parce que ça voudra dire que tu es ailleurs, dans un autre monde, le genre de monde dans lequel je ne serai jamais parce que j'ai trop peur, moi, des p'tites choses qui bougent dans mon ventre, pis parce que j'ai personne à qui faire confiance pour ne pas me donner de coups dans le ventre. J'ai peur que la vie fasse sa salope, parce que la vie est douée pour ça. J'ai pas peur que ton copain se sauve en courant, j'ai peur que ses parents te fassent la peau. T'es jeune, petite soeur, t'es pas grande. Je sais pas. Peut-être parce qu'à ton âge j'en avais à peine fini avec les anti-dépresseurs, peut-être parce que j'ai toujours l'impression que les enfants qui naissent vont en baver plus que ce qu'ils méritent ou demanderont jamais. Tu sais, au fond, je suis fondamentalement égoïste : j'ai plus peur que toi, puis, tu sais pas, je me dis aussi que ça va être encore plus dur de partir sans avoir ton pou ou ta puce, ça, c'est vraiment égoïste, mais c'est pas juste ça, j'ai tellement peur, tellement peur que tout aille mal, il pleut de la marde sur nos têtes parfois. J'ai peur que tous les bébés naissent avec ma fonction de gestion des émotions détraquées, avec ma tête qui tourne pas rond, avec mon estomac qui fait des noeuds dans tous les sens. J'ai l'impression de marcher sur les mains, j'ai la nausée et pourtant, c'est toi, c'est pas moi. Et toi, t'es sereine. Life is good. Am I overreacting? Comment tu fais, p'tite soeur? Comment tu vas faire p'tite soeur? Comment vous allez faire, toi, ton homme et la bestiole? Pourquoi c'est moi en petite boule dans mon coin?

Petite soeur que j'écoute ronfler la nuit quand je dors pas, petite soeur que j'ai serré dans mes bras en disant que tout allait bien aller, petite soeur à qui j'ai écrit qu'elle était belle parce qu'elle souriait alors que moi je savais pas sourire, petite soeur que je trouve si vivante, si pétilante. Moi, j'ai peur pour toi, j'ai peur que la vie te gâche tes sourires, que la vie te gâche ton visage rieur, que la vie te gâche tes répliques moqueuses, j'ai peur que la vie te rendent aigrie et triste, désabusée et cynique, j'ai peur que la vie crashe tous tes espoirs, tes petits espoirs, petite soeur, j'ose pas le dire trop fort, mais j'ai peur que tu t'accroches à cette bestiole en te disant qu'il y aura au moins une personne pour t'aimer dans la vie, envers et contre tous, comme si personne d'autre ne t'aimait.

Parce que je t'aime et que j'ai peur, que je donnerais tous mes sourires pour que tu ne perdes jamais les tiens.

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30 juin 2009

Micro-ondes à vendre

J'ai pris Puce dans mes bras; j'ai dit grandis pas trop vite, le cliché, mais c'est vrai.
Hey, p'tite Puce, t'auras des fourmis dans les orteils, des crampes qui veulent t'arracher tout le ventre, la tête qui tourne, les pieds coupés à force de trop marcher, les rires et les pleurs, quoi. Mais t'es pas obligée d'arriver là tout de suite, prends donc le temps de voir ton monde bouleversé pour un gâteau au chocolat, de courir après les sauterelles et de faire des splash! dans l'eau. Maintenant, Puce, t'es prise avec moi, parce qu'à toutes les années, on va fêter un an de plus ensemble. Eh merde! Je te dis, pauvre de toi.
Heureusement, t'es encore trop petite pour comprendre et avec un peu de chance, on aura quelques années à s'étendre du glaçage partout dans le visage. P'tite puce, profite des bras de ta maman pendant que t'es là; le grand méchant loup, il est un peu partout. Remarque, j'aimerais bien que tu ne le rencontres pas, que tu ne rencontres jamais mes bestioles non plus.
Je regarde mon frère et je me dis que je revivrais tout ça mille fois pour qu'il ne rentre jamais dans ce genre de mur.
C'est bizarre, de marcher le dos droit, malgré les tentacules qui sont toujours là. Mais c'est correct. I have come to terms with bridges I have burned, encore, ou peut-être que je le répète juste pour me convaincre. C'est comme ça. T'apprends, pis tu marches encore, t'as pas le choix, forcément. C'est juste de la pluie, tu finis par passer en-dessous sans trop te mouiller. C'est juste de la boue, ça part sous la douche, c'est comme les larmes, le goût finit par partir. Les boules dans le ventre, elles ne sont pas toujours là. Pourquoi un lotus? Parce que. En vrai, la seule raison, c'est que la fleur pousse au-dessus de l'eau, qu'elle ne se noie pas. Tu vois, Puce, t'as juste à pousser au-dessus des tempêtes, à marcher la tête haute, nez, bouche et poumons bien protégés.

Au fait, oublie pas d'essuyer tes pieds sur le tapis avant d'entrer. Quand même.

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21 juin 2009

if you could have a super power, what would it be?

When you see yourself in a crowded room
Do your fingers itch, are you pistol-whipped?
And will you step in line or release the glitch?
And can you fall asleep with a panic switch?

Même si je suis vidée, je ne dors pas très bien la nuit (pour faire changement), peut-être parce que les nuits sont trop courtes, parce que les journées ne sont pas assez longues. J'ai des fourmis au bout des doigts, des mottes dans l'estomac, les orteils bleus. Je m'ennuie du kick-boxing, de mon punching bag, des imposées. Je flotte entre deux. Entre deux quoi? Je ne sais pas. Je suis inscrite à l'université à l'automne. Pour la première fois depuis mes cinq ans, la rentrée est facultative : j'ai déjà mon diplôme. Ça, ça dépendait de moi. Maintenant, j'attends quelque chose qui ne dépend plus de moi. Wait and see. On verra en septembre.

Je voudrais la Nouvelle-Écosse et ses plages. Mes jeans trop longs trempés dans le bas, mon gros chandail et mon foulard à pois. Mes amis, ils disent "viens dans le sud, viens dans le sud", moi, je veux pas. Je ne suis pas faite pour le Mexique et le soleil, je suis faite pour l'est, pour l'eau froide et le vent, la brume, mais quand même du soleil. Je suis faite pour l'immensité, pour l'infini, pour les matins de pêche, les 15 degrés celsius l'été. J'aime l'hiver, j'aime la neige, j'aime la mer, j'aime les plages, j'aime être sur l'eau, j'aime pas me baigner. J'aime les montages, j'aime monter, même si je crois que ça me démolit les genoux. J'aime le hors-piste, on dirait que ça m'aide à vivre à côté de la track comme on dit chez moi. J'aime le bois, les nouveaux trajets, à quatre pattes sous les braches, la neige jusqu'aux hanches ou les genoux dans la boue.
Je tourne jusqu'à ce que j'aie mal au coeur, j'aime pas les manèges, mais je ne déteste plus courir, parce que c'est comme ça et qu'il faut que je cours. Je sais que je pousse fort parce que je le sens des pieds à la tête, parce que je suis comme ça, parce que je suis têtue.

J'ai rayé quelqu'un de ma vie pour de vrai, le deuxième, de toute ma vie. Le premier n'était pas un trou de cul, c'est juste mieux pour moi de ne plus l'avoir dans ma vie. Le deuxième est un trou de cul, un vrai. Life is good, qu'on dit.
Alors inspire, expire. Inspire, expire. Le meilleur est à venir. Gare à la monotonie, je l'ai enfoncée d'une flèche, il y a bien assez d'espace pour briser mon ennui.

N'oublie.pas.de.respirer.

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26 janvier 2009

takes me nowhere

I hate this rebound thing.

Je n'ai rien demandé, je n'aurais rien demandé, je n'aurais rien poussé, c'est pas mon genre de m'accrocher quand on me dit de pas espérer, que vu les circonstances, c'est pas vraiment quelque chose qui va arriver, même si... Ça ne m'intéresse pas d'être celle qui s'accroche désespérément, d'être le poids à traîner, vraiment, ça ne m'intéresse pas. Alors j'ai dit ok. Rien à foutre du reste, j'avais rien demandé, j'attendais rien. Et trois semaines plus tard, c'est moi qui pleure, même si je n'ai toujours rien demandé, rien poussé. Merde, ça fait mal. J'ai bien mille lignes de défense avant cette zone-là. Mille lignes à franchir, mille pas à faire, les pas que je ne fais pas, et surtout pas quand c'est comme ça. Il a poussé, il a fait avancé les choses. J'ai suivi, jusqu'au milieu, jusqu'à ses lèvres sur les miennes, sa main sur ma cuisse, son odeur, j'ai suivi, parce qu'il m'y emmenait. How did we get so tangled up? J'ai dit t'es pas clair, je suis pas certaine de comprendre. Il a quand même foncé, jusqu'au milieu. La zone où je sais pas dire "non" parce que je pense que c'est quelque chose de bien et que je ne veux pas que ça arrête.
Je suis certaine d'avoir une bonne partie de la réponse, c'est bien le pire. Je savais déjà un peu, il avait dit que c'était pas pareil, alors j'ai baissé ma garde. J'aurais préféré n'importe quoi, une raison merdique, stupide. J'aurais préféré rien du tout. Parce que maintenant, je ne peux pas juste couper les ponts.

Je veux que ça continue comme avant. Je sais pas si j'ai répondu. Avant quoi? Il n'y avait rien avant, on n'était même pas amis. Alors je suis pas mal perdue. Fermer les yeux, et hop, continuer...Faire semblant de rien, essayer d'effacer les images, les mots, les sensations. J'ai pas trouvé le bouton reset pour ma mémoire. Ctrl + Alt + Deleted, reset my memory. Bonne blague. Le liquid paper ne marche pas non plus.

J'aurais voulu dire autre chose. Je laisse pas les gens se rendre jusque-là facilement. Le premier qui ne soit pas une connerie depuis tellement longtemps. J'ai pas mal à l'orgueil, je ne l'ai pas laissé faire parce que je pensais que je ne méritais pas mieux, je pense que c'est la première fois depuis les antidépresseurs. Alors, oui, ça fait mal. Je ne m'attache pas comme ça facilement.

J'ai pas bien dormi, j'ai une migraine, que je dis.

So how do I fix myself up now? Un pied devant l'autre, j'imagine...

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30 décembre 2008

the only thing we should worry about is the best way to move forward

[you take] pills, think they cure sadness

Je disais à ma mère, depuis cinq ans, c'est la première année où j'ai l'impression de me tenir la tête hors de l'eau, de ne pas avoir cette boule dans le ventre, de ne pas avoir envie de cracher sur tous ceux qui essaie de s'approcher, de me toucher. Des choses qui changent. The best way to move forward. J'ai des vraies poussées d'adrénaline, je me jetterais dans la vide, mais pour voler plutôt que pour me tuer. Il paraît que je suis plus belle parce que je souris, peut-être aussi parce que mon cerveau tordu ne déforme plus trop mon reflet dans le miroir. Je mets beaucoup de choses à côté; c'est pas grave. Je sais pas si c'est de la fuite, mais c'est plus facile à gérer. Et je sais toujours pas trop gérer le stress, alors j'essaie de le laisser à côté : c'est si lourd à porter. J'ai pris quatre kilos de masse musculaire, ce qu'il fallait pour me tenir droite. Je rame, c'est bon pour l'endurance, je commence le kickboxing cet hiver, c'est bon pour encaisser les coups et les rendre. Je lève des poids, c'est bon pour faire chier des garçons. Pour changer les idées, aussi. Comme courir, comme la raquette. J'aime l'hiver maintenant, parce que je sais comment ne pas avoir froid, parce que je sais comment être trempée de sueur à -30. Et j'aime aussi, un peu, juste un peu, quelqu'un. Qui sent bon. Qui dit je veux pas aller trop vite. Moi, je veux pas aller vite tout court.

De pas...presser les choses. J'ai pensé quelles choses? Et j'ai dit ok. Parce que c'est pas encore compliqué, et c'est bien comme ça. Même embrassé, le bonhomme. Non, non, même pas. Et c'est correct. C'est l'hiver, que je veux. Je veux encore aller dans le bois, je veux enfin m'équiper en snowboard, je veux juste battre l'hiver. Parce que children of winter never grow old.

How old are you?
17, and riding it like it's stolen. Le temps, je parle. J'ai volé du temps; moi, j'ai bien l'intention d'avoir dix-sept ans sans antidépresseurs, sans somnifères, sans lames de rasoir. Et je vais avoir ces dix-sept ans-là longtemps, très longtemps. Altitude. Avoir 22 ans, ça veut pas dire que j'ai pas le droit d'en avoir dix-sept quand même. Je vous dit, j'ai volé du temps.

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28 novembre 2008

.

but I'm not the answer to the questions that you still have

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