girl sets fire

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19 avril 2008

you smoked it all up and now you've got none

Je crois qu'on ne s'habitue jamais vraiment à l'insomnie. À avoir besoin de deux heures pour s'endormir. Et se réveiller en sursaut au milieu de la nuit. Même les yeux grand ouverts, je fais des cauchemars.
J'essaie d'oublier. 4 examens et je reviens à la maison pour l'été. Je me répète, mais home is where the heart is, toujours. Décidément, ça ne change pas. J'ai gonflé les pneus de mon vélo, fait quelques réglages. Il me manque un peu d'huile, et c'est bon, malgré la neige qu'il y a encore. Il fait 20 degrés, ça va bien finir par fondre, j'imagine.
Les pieds nus, le gazon vert, l'eau tiède de la rivière. Les couchers de soleil, les heures de tatouage qu'on n'essaiera pas de me voler, la crème glacée sur le boulevard. Je ne sais pas encore pour l'emploi, j'attends et j'espère. Mieux. Un autre. On verra. Je ne suis pas une mauvaise personne.

Remember to breathe.

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29 mars 2008

and even then we'll start again and pretend that nothing ever happened

Un semblant de printemps pointe le bout de son nez : peut-être que la rivière sera praticable avant le mois d'août finalement. Fin de session; 3 ou 4 tp, 5 examens et un travail sur la disparition des langues amérindiennes aux États-Unis à écrire (note à moi-même : m'y mettre rapidement). Dans 4 semaines, le grand retour à la maison pour 4 mois et mon prochain rendez-vous avec Jay, histoire de faire un peu de coloriage avec des aiguilles et de l'encre. J'ai des pieuvres plein la tête; juste comme j'ai trop de tentacules dans le cerveau pour travailler sérieusement, j'ai des notes hallucinantes en pub (comme si j'étais faite pour traduire ces horreurs) et il y a un contrat qui me tombe sur la tête. Et j'arrive presque à placer mes cheveux convenablement, même sans leur toucher, ce qui est fort troublant, si quelqu'un veut mon avis. Ce qui est rassurant, c'est que je n'ai pas encore perdu mes airs d'ado attardée. J'ai retrouvé quelques vieux chandails à manches longues déchirés, recousus, redéchirés, abandonnés, mais toujours aussi confortables. Je me cale dedans et je sens tout plein d'odeurs; la musique, les pieds mouillés, les coups de soleil, les dents noires de poussière, le nez douloureux à cause des coups.

Kawabunga.

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05 mars 2008

chemical reaction

17 heures d'autobus en 3 jours, le temps d'un aller-retour plus au sud, histoire d'aller voir ailleurs si j'y étais.
Comme l'impression d'avoir trouvé une partie de moi au fond d'un sac à dos, entre mon sac de couchage et mes sous-vêtements sales. J'ai laissé un peu de moi sur les rives d'Ontario Lake. Peut-être un peu de moi à tous les coins de rue aussi. J'aurais voulu être seule, juste une heure, juste une heure, juste le temps de fermer les yeux et de respirer très fort. Juste avoir le temps de croire que ma blessure la plus profonde s'est refermée. Peut-être que ça n'arrivera jamais. Mais j'aurais été heureuse d'avoir trente minutes de silence pour y croire en jour bien précis. Peut-être, peut-être.
J'aime errer dans les rues sac au dos; j'ai appris que je pouvais dormir sur du béton. Que j'ai peut-être un instinct de survie plus fort que je ne le croyais : me sortir du pétrin et désespérer plus tard. Je peux marcher longtemps. Juste être là et apprécier d'y être, ça me va.

Je me demande toujours si je dois aller à l'est ou à l'ouest. Il était une fois dans l'ouest, il était une fois dans l'est... Entre les prairies ou les plages froides, mon coeur balance. Mais j'imagine que j'ai le temps d'ici la prochaine fois.

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01 février 2008

"Va-t'en, Albert, la vie icitte, c'pu c'que c'était"

"I was on some form of it since I was ten or so.
- And the Paxil, Zoloft, Celexa, Depakote -- Did they help you at all?"

It comes knocking back again.
Juste le nom qui sort, comme ça, tout bonnement au beau milieu d'un dialogue. C'était le mien. Je ne sais pas si, un jour, ce sera assez loin derrière moi pour que je n'y pense plus. J'ai arrêté de faire plein de choses, j'ai arrêté de voir trop loin, de regarder dans certaines directions. J'ai un bandeau sur les yeux et je n'ose pas l'arracher. Pour faire passer les moments de déprime, j'erre dans les allées d'épicerie, je me perds en raquettes, je cuisine et je m'entraîne; il n'y a évidemment aucun lien entre les deux dernières façons de gérer le stress. Je pense aussi beaucoup à mai, pas seulement pour les vacances et le canot, plutôt parce qu'il paraît que j'ai rendez-vous avec pas mal d'aiguilles et pas mal d'encre et, qu'à condition de ne pas me planter aux tests que je dois passer demain, j'aurai probablement un boulot plus intéressant que l'été dernier. Du moins, je l'espère très fort. Je l'espère tellement que j'ai nettoyé mon appartement (ceci inclut laver le plancher à quatre pattes...j'ai pas de vadrouille, je fais comme je peux) et ma chambre à la maison dans la même semaine. Si ça c'est pas une preuve de ma détermination, je me demande ce qu'il faudra que je fasse.

J'ai refait le classement des livres dans ma bibliothèque, au cas où les bons livres qui étaient mal placés se vexeraient d'être moins bien placé que les bons livres. J'avais jamais essayé comme ça et ça me semble beaucoup mieux que de les classer par auteur ou par thème. On ne sait jamais ce que quelques milliers de pages peuvent faire une fois vexées. C'est un fait : tout comme l'impertinence de l'existence du basket-ball, je n'ai pas à le prouver. Comme quoi j'ai des passe-temps hautement constructifs par les temps qui courent (genre regarder mes cheveux pousser, penser à adopter un cactus, me dire que mon chien aime trop le caramel pour être un vrai chien, etc).

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01 janvier 2008

you have that smile, I have that look

Ce regard et ce sourire. Il sourit juste un peu, je baisse les yeux.

Mon plan B, c'est le Mexique et beaucoup de Tequila, parce que perdue dans le fin fond du Mexique, on s'en fout de la cirrhose du foie : au pire, il y aura toujours un requin, quelque part sous l'eau.
Le plan B va finir par se transformer en plan A. Avant que je chante My life is a Flop.
Laisse faire les " nouvelle année, nouveau départ". Je n'ai pas besoin du 1er janvier pour tourner à gauche ou à droite au lieu de continuer. J'aurais plein de mots à écrire, plein de choses à dire.
Casser des verres. Écouter plus de Strung Out. Acheter plus de livres. Je veux brûler, autre chose que mes doigts sur les crayons.

on the outside.

Posté par pneumonie à 16:20 - Commentaires [9] - Permalien [#]