29 mars 2008
and even then we'll start again and pretend that nothing ever happened
Un semblant de printemps pointe le bout de son nez : peut-être que la rivière sera praticable avant le mois d'août finalement. Fin de session; 3 ou 4 tp, 5 examens et un travail sur la disparition des langues amérindiennes aux États-Unis à écrire (note à moi-même : m'y mettre rapidement). Dans 4 semaines, le grand retour à la maison pour 4 mois et mon prochain rendez-vous avec Jay, histoire de faire un peu de coloriage avec des aiguilles et de l'encre. J'ai des pieuvres plein la tête; juste comme j'ai trop de tentacules dans le cerveau pour travailler sérieusement, j'ai des notes hallucinantes en pub (comme si j'étais faite pour traduire ces horreurs) et il y a un contrat qui me tombe sur la tête. Et j'arrive presque à placer mes cheveux convenablement, même sans leur toucher, ce qui est fort troublant, si quelqu'un veut mon avis. Ce qui est rassurant, c'est que je n'ai pas encore perdu mes airs d'ado attardée. J'ai retrouvé quelques vieux chandails à manches longues déchirés, recousus, redéchirés, abandonnés, mais toujours aussi confortables. Je me cale dedans et je sens tout plein d'odeurs; la musique, les pieds mouillés, les coups de soleil, les dents noires de poussière, le nez douloureux à cause des coups.
Kawabunga.
05 mars 2008
chemical reaction
17 heures d'autobus en 3 jours, le temps d'un aller-retour plus au sud, histoire d'aller voir ailleurs si j'y étais.
Comme l'impression d'avoir trouvé une partie de moi au fond d'un sac à dos, entre mon sac de couchage et mes sous-vêtements sales. J'ai laissé un peu de moi sur les rives d'Ontario Lake. Peut-être un peu de moi à tous les coins de rue aussi. J'aurais voulu être seule, juste une heure, juste une heure, juste le temps de fermer les yeux et de respirer très fort. Juste avoir le temps de croire que ma blessure la plus profonde s'est refermée. Peut-être que ça n'arrivera jamais. Mais j'aurais été heureuse d'avoir trente minutes de silence pour y croire en jour bien précis. Peut-être, peut-être.
J'aime errer dans les rues sac au dos; j'ai appris que je pouvais dormir sur du béton. Que j'ai peut-être un instinct de survie plus fort que je ne le croyais : me sortir du pétrin et désespérer plus tard. Je peux marcher longtemps. Juste être là et apprécier d'y être, ça me va.
Je me demande toujours si je dois aller à l'est ou à l'ouest. Il était une fois dans l'ouest, il était une fois dans l'est... Entre les prairies ou les plages froides, mon coeur balance. Mais j'imagine que j'ai le temps d'ici la prochaine fois.
